Vider une maison chargée de souvenirs c’est effacer sa propre histoire
Vider la maison d'un parent n'est jamais un simple rangement. Comment trier sans avoir le sentiment d'effacer une histoire.
Par Véronique · 2 min de lecture

Vider la maison d’un parent ou d’un grand-parent n’est jamais un simple exercice de rangement. Derrière chaque meuble, chaque photographie et chaque objet se cache parfois un fragment de notre propre histoire.
Au moment du tri, une question revient souvent : que garder et que laisser partir ? Une tasse ébréchée, une vieille lettre ou un vêtement peuvent sembler sans valeur aux yeux des autres et pourtant représenter tout un monde pour celui qui les reconnaît.
C’est alors que l’on mesure la force de l’appartenance. Ces objets racontent une famille, une époque, une maison, des habitudes et des personnes qui ont contribué à nous construire. Il y a cette phrase dans le film de Klapisch « La venue de l’avenir » : « Je regardais toujours devant et là … ça m’a fait du bien de regarder derrière ».
Ces objets sont aussi les témoins de la continuité des lignées. Une recette écrite à la main, un outil de travail, une façon de décorer la maison ou un talent transmis peuvent relier plusieurs générations sans que nous en ayons toujours conscience.
Mais que deviennent les souvenirs que personne ne prend le temps de raconter ?
Il y a parfois ce fameux carton de souvenirs qui prend la poussière dans un grenier ou au fond d’un placard. On sait qu’il contient des choses importantes, mais les années passent et personne ne l’ouvre plus.
Le numérique peut alors devenir un précieux allié. Photographier un objet, numériser une lettre, conserver une photographie ancienne ou enregistrer l’histoire qui lui est associée permet de préserver ce qui ne pourrait pas être matériellement conservé par toute la famille.
Le numérique au service de la mémoire et de la transmission. En effet, un souvenir peut être partagé avec un enfant qui vit à l’étranger, un petit-enfant qui n’a pas connu son arrière-grand-père ou plusieurs membres d’une même famille dispersés dans différentes villes.
Peu à peu, les visages ne sont plus anonymes, les anecdotes retrouvent leur contexte et les objets reprennent leur histoire.
En deux générations seulement, une histoire familiale peut tomber dans l’oubli si elle n’est ni racontée ni transmise. La technologie ne remplace évidemment pas la parole ni les souvenirs vécus, mais elle peut contribuer à leur donner une seconde vie.
Faire le tri dans une maison, c’est donc parfois bien plus que choisir ce que l’on conserve. C’est redécouvrir ses racines, comprendre ce qui nous a été transmis et décider de ce que nous souhaitons transmettre à notre tour.
Certains objets partiront. D’autres resteront. D’autres encore pourront continuer leur voyage sous une forme numérique.
Mais l’essentiel est peut-être ailleurs : dans les histoires que nous aurons pris le temps de leur associer, avant qu’elles ne disparaissent avec ceux qui les connaissent encore.
Véronique
Écrit pour IMMORTEL, la plateforme qui rassemble la mémoire d'une famille au même endroit.
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